Avec Un heureux évènement, film doux-amer plein à craquer de scènes poignantes qui ne manqueront pas de toucher le spectateur en plein cœur, Rémi Bezançon nous prouve trois choses. 1/ Que les anglo-saxons n'ont pas le monopole du feel-good movie. 2/ Qu'il est l'un d'un tout meilleur réalisateur français actuel, ou tout du moins l'un des rares à pouvoir faire des films populaires qui abordent des sujets sensibles. 3/ Que Louise Bourgoin n'est pas bonne qu'à jouer les reines des glaces inaccessibles. Trois raisons de penser qu'Un heureux évènement est LE beau film de cet automne. Retrouvez ci-dessous notre critique d'Un heureux évènement, le film de Rémi Bezançon.
1,2 millions et demi de français avaient été voir Le premier jour du reste de ta vie, film brillant récompensé en 2009 par neuf nominations aux Césars. De quoi mettre un peu de pression sur les épaules de son réalisateur, Rémi Bezançon, dont le nouveau projet allait forcément être attendu au tournant par les observateurs du 7ème Art. Ce nouveau projet, c'est l'adaptation au cinéma d'Un heureux évènement, livre d'Eliette Abécassis qui aborde la maternité sous un angle plus ou moins philosophique puisqu'il pose frontalement cette question qui est "Et si donner la vie, c'était arrêter de vivre ?". Une antithèse parfaite au Premier jour, dans lequel le personnage de Jacques Gamblin disait qu'avoir des enfants était "une chose merveilleuse" ? On pouvait se poser la question. Et par-là même, voir poindre une forme d'appréhension vis-à-vis d'Un heureux évènement, le film. Car pour qui connait un peu l'œuvre de Rémi Bezançon, ce troisième film pouvait laisser craindre qu'une chose : que le réalisateur du Premier jour du reste de ta vie ne tombe du mauvais côté de cette fine frontière qu'il existe entre "vision du monde" et "radotage". Les étudiants en cinéma le savent, la "vision du monde" est un terme qui sert à définir le regroupement des thématiques récurrentes d'un auteur, thématiques qui au fur et à mesure d'une filmographie forment un ensemble cohérent, immédiatement identifiable. Le faux-semblant chez Carpenter, la culpabilité chez Hitchcock, la relation entre l'homme et la planète chez Miyazaki ... Le radotage de son côté, apparait lorsqu'un auteur n'a semble-t-il plus rien de neuf à raconter et que chacun de ses films semblent taper sur le même clou, ad nauseum. Dans le cas de Rémi Bezançon - qui avec Le premier jour ... et Ma vie en l'air avait déjà longuement abordé les thèmes que sont la filiation et le legs spirituel – on pouvait redouter d'Un heureux évènement qu'il ne sonne que comme une redite de ses précédents travaux. Et pour cause, il parle de manière frontale de l'arrivée d'un bébé dans un couple et donc fatalement, de la naissance d'une relation parent-enfant. Fort heureusement, il n'en est rien.
En effet, s'il parle de l'arrivée d'un enfant dans un couple, Un heureux évènement ne traite que très partiellement des rapports entre les parents et leur progéniture. Entièrement focalisé sur le personnage de Barbara (la mère), ce film raconte le cheminement psychologique d'une femme qui voit sa vie chamboulée par l'arrivée au monde d'une petite fille et l'évolution de ses relations avec son conjoint, avec sa mère, avec ses amis, avec son corps, avec son travail et même avec son lieu de vie. Sur le papier, cela peut apparaitre pompeux. Limite trop pédagogique pour être honnête. Mais c'est sans compter sur le script malin de Bezançon (coécrit avec sa compagne Vanessa Portal), qui parvient à aborder ses questionnements existentiels sous un angle léger, drôle, parfois même pop et visuel. Un heureux évènement fait donc indéniablement partie de ces feel-good movies "à l'américaine", qui savent toucher du doigt des choses sérieuses sans pour autant tomber dans le didactique lourdingue. Comment ? Tout simplement en se souvenant qu'au delà des messages, des thématiques et des questions, il y a une histoire à raconter, des personnages à dévoiler, des aventures à faire vivre. Une chose que le réalisateur avait parfaitement réussi avec Le premier jour du reste de ta vie, un film qui avait ému beaucoup de monde grâce, en partie, à la profonde connivence qu'il existait entre ses personnages et le spectateur. Une complicité que l'on retrouve dans Un heureux évènement, au détour de quelques scènes finement captées, dans lesquelles tout un chacun aura le loisir de se retrouver.
En cela, Un heureux évènement est donc un véritable beau film de cinéma. Mais en donner tout le crédit à Remi Bezançon serait bien vite oublier que la véritable surprise de ce film n'est autre que la comédienne Louise Bourgoin, tout simplement saisissante dans ce rôle pas facile. Oubliez donc ses rôles de reine des glaces dans La fille de Monaco, L'Autre Monde et Blanc Comme Neige. Oubliez donc (si ce n'est déjà fait), l'extraordinaire débâcle d'Adèle Blanc-Sec. Oubliez même ses sketchs de l'époque miss météo de Canal ! Ici, la belle Louise balade son espièglerie, son sourire séducteur et son phrasé naturel et cash pour donner naissance à un personnage tout en émotions, dans lequel nombre de femmes sauront se retrouver. Et nombre d'hommes sauront retrouver leur compagne. A ses côtés, c'est avec plaisir que l'on retrouvera le talentueux Pio Marmaï - dans un personnage très proche de celui de Vincent Elbaz dans Ma vie en l'air – et Josiane Balasko, dans un rôle de grand-mère qui le sied totalement. Bref, comme c'était le cas dans ses deux premiers films, Bezançon a su s'entourer d'un casting en or, pour donner vie à des personnages touchants, qui donnent corps à un scénario intelligent. Et puisque le film sort en pleine période de Coup du monde de rugby, on peut dire que si Le premier jour du reste de ta vie pouvait être considéré comme un formidable essai, inscrit avec la manière, Un heureux évènement en est la transformation parfaite.
Réactions
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ilayze le Mercredi 22 Février 2012, 22h43
Le film m'a particulierement touché car j'ai exactement vécu mon baby blues comme Louise Bourgoin dans le film . Ca fait aussi du bien de penser qu'il y'a d'autres personnes qui ont vecu " l apres" comme cela. Je pense aussi que si l'on n'a pas vecu ça, ni eu d'enfants, on ne peut pas apprecier le film a sa juste valeur et tres vite mal l'interpreter. En tout cas, moi ca m'a aidé et je remercie à ce film d'exister !
Ce film a su mettre en histoire une partie de mon resentie la maternuté, avec beaucoup d humours et d'anecdotes vécus..... Bon film .....bon point de vue si peu traité..... Aprés je pense qu'il faut l avoir vécu pour apprècier vraiment.....
Je pense que ce film peut dégouter toute futur maman,et c dommage car la maternité ce n'est pas que des mauvais moment pour dire encore une fois que dans le vie vaux mieux ne pas se la jouer trop philosophique et de vivre les moment présent et pas s'inventer des faux problemmmmm
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Bruno le Mardi 11 Octobre 2011, 13h57
Pour quand la prochaine critique??
Visiblement au prochain film de Besançon, ou lors du dernier navet d'Anne Hathaway...
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avatar16 le Vendredi 7 Octobre 2011, 19h39
Pour quand la prochaine critique??
J'ai eu l'occasion de voir plusieurs fois la bande annonce, je pense que j'irai le voir car elle m'a beaucoup touchée !!!!
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levieuxdragon le Mercredi 5 Octobre 2011, 12h41
Remi Besançon sait raconter des histoires. Apres le très drôle "Ma vie en l'air" et l'excellent "le premier jour...", il s'attaque à la vie intime d'une future maman. Les plans sont toujours aussi soignés, agrémentées de petites trouvailles d’ellipses et de poésie . Alors oui, on se fout comment Pio Marmaï passe d'un vidéo club à cadre mais on ne se lasse pas des détails de l'avant et de l’après accouchement. Le film ne s’arrête pas la ,comme le critique si méchamment "Pistouman". On profite, avec un certain recul, de cette vision de la vie pour essayer d'en retenir une bouffée d’oxygène.
Je sors du cinéma et ce film me reste dans la tête... J'ai adoré ! Mon fils a 30 ans maintenant, mais tout m'est revenu, ce mélange de bonheur et de désespoir, d'impression d'être engloutie dans un autre monde, de ne plus pouvoir être autre chose qu'une mère, alors qu'on en a tant rêvé.... Contradictions, culpabilité, désarroi mêlés à un amour fou et un bonheur immense...
Bravo à Louise Bourgoin pour sa sensibilité et sa justesse !
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Pistouman le Lundi 3 Octobre 2011, 16h18
Ben franchement il n'y a vraiment pas de quoi s'emballer. Les personnages demeurent tellement égoïstes, si peu attachants tout du long (et diable que le film est long) que l'on se fout royalement de ce qui peut leur arriver. Ce manque d'empathie nuit considérablement au film. D'ailleurs, le film stoppe tout net après l'accouchement mais il faut déjà se farcir quelques effets clipesques déjà datés (rien ne semble avoir changé dans le cinéma français depuis 2004), des clichés abondants, etc. Là où Le Premier jour du reste de ta vie avait pu toucher un large public, Un heureux évènement apparait nettement plus centré sur une certaine partie des 25-30 ans car heureusement, tous les jeunes de cette tranche d'âge ne sont pas les mêmes dépeints ici. Maintenant il faut aimer les effets sheap des plans d'espace, l'utilisation facile de la musique de Goldfrapp, Louise Bourgoin qui apparait les seins nus toutes les dix minutes (comme dans le reste de sa filmo déjà) et le manque d'intelligibilité de Pio Marmai dont on a parfois du mal à comprendre les dialogues. Bref, j'avais bien aimé Ma vie en l'air, nettement moins Le premier jour qui croulait déjà sous les mêmes tics de mise en scène. Le problème avec Un heureux évènement c'est qu'il parait déjà daté. Le réalisateur recycle même quelques idées déjà entrevues dans ses précédents films : il semble en effet avoir du mal à se détacher des comics ou avoir un complexe avec les filles qui avalent le sperme au point de redire la même chose avec des mots différents. Toujours est-il, je suis persuadé qu'Un heureux évènement va en décevoir plus d'un.
Par
tordo le Dimanche 2 Octobre 2011, 18h46
Vous la note je pense aller le voir.
FilmsActu.com



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