On retrouve d'une part le Commentaire audio de Richard Shickel (critique/historien/écrivain) qui peut indiscutablement s'inscrire dans la liste des rares exercices du style vraiment intéressants. Parlant non-stop du début à la fin du film, Shickel nous raconte littéralement l'histoire du film et analyse sa construction narrative comme artistique, s'attardant sur la reconstitution des décors, les acteurs et la musique. A celui-ci, déjà précédent sur le précédent DVD, vient s'ajouter celui de Christopher Frayling, absent de l'édition précédente. Le biographe de Sergio Leone avait bien besoin de trois heures pour imposer un véritable complément d'information sur le cinéaste, qui vaut beau nombre de livres lui étant consacrés.
Les nombreux autres modules proposés ici sont ceux déjà disponibles sur l'édition précédente, que notre Kevin Prin national a décortiqué en long, en large et en travers :
L'ouest de Leone (19mns55)
Historiens et producteurs (dont le pionnier Alberto Grimaldi) se succèdent ici pour décrire l'évolution du Western Spaghetti, courant iconoclaste typiquement européen sorti de l'esprit de cinéastes ne connaissant pas les règles du genre. Où l'on se rend compte qu'il s'agissait d'un sous-genre, de films "cheap" ... jusqu'à l'arrivée du génie Sergio Leone qui lui donna ses lettres de noblesses et des allures de superproduction léchée malgré des budgets toujours limités. Les deux acteurs principaux (Clint Eastwood, Eli Wallach) viennent ensuite parler de leur engagement dans le film et aux côtés de Sergio Leone, non sans tarir d'éloges pour le cinéaste italien, avant de nous faire partager quelques savoureuses anecdotes sur le tournage du film, ses conditions et la création du doublage. Un documentaire que l'on aurait sur le moment aimé plus long, mais néanmoins efficace.

Le Style de Leone (23mns48)
Les mêmes intervenants reviennent sur le style si particulier du cinéma de Leone, sa lenteur, sa construction graphique reconnaissable au premier coup d'oeil, les personnages marquants de ses histoires, bref sa façon unique au monde de faire des films. Revenant plus précisément par la suite sur Le Bon, La Brute et le Truand, les analyses se mêlent aux anecdotes, les plus incroyables venant d'Eli Wallach qui nous explique comment dessoûler efficacement (ça fait mal), comment il a failli se faire décapiter par un train ou comment il a bu une bouteille d'acide sur le tournage. L'homme qui perdit la Guerre Civile (14mns23)
Un documentaire dépeignant la toile de fond du film, la Guerre de Sécession, et plus précisément les évènements qui provoquèrent l'une des plus lourdes défaites des forces sudistes. Curieux, fervents de stratégie militaire, ou passionnés de l'histoire de cette guerre, ce doc est fait pour vous. Les autres, ceux qui ne sont là que pour voir du Leone et du western spaghetti, passez votre chemin.
Le Bon, La Brute et le Truand : reconstitution (11mns08)
Tout les détails de la reconstitution en 2002 de la version intégrale du film figurent dans cette vidéo, à commencer par une description très technique de la difficile restauration de la pellicule "Techniscope", un procédé qui n'est plus utilisé aujourd'hui. Le documentaire se penche ensuite vers le côté plus artistique de la chose, à commencer par la reconstitution du montage italien pour le marché américain (Eastwood et Wallach rappelés pour refaire leurs voix sur les passages inédits), mais aussi des rajouts pour obtenir une "version longue" inédite. A ce titre, le responsable technique de MGM, responsable de celle-ci, John Kirk, justifie chacun de ces rajouts personnels dans le montage pour que nous comprenions que malgré leur absence de la version intégrale italienne, Leone les voulait quand même (certaines scènes furent projetées à la première de l'époque avant d'être finalement retirées, on ne sait pas par qui).

Reconstitution de la scène de Socorro (3mns01)
Coup de chance : alors que la scène de Socorro fût coupée lors des premiers montages du film et perdue à jamais, certains de ses plans ont été utilisés dans la bande-annonce française d'époque et quelques photos pour la promotion du film. A partir de ces très maigres éléments, MGM nous propose ici de revivre cette scène non sans de précieuses indications textuelles nous expliquant le déroulement de l'action. Si le montage s'avère clair et très bien fait, cette courte scène nous donne une nouvelle raison pour laquelle Tuco part à la trace de Blondin.
Version intégrale de la scène de torture de Tuco ()
Comme expliqué dans le doc sur la reconstitution de la version longue du film, si la scène de torture est plus longue de 2mns15, certains éléments n'ont tout de même pas pu être réintégrés car "trop abîmés". Plutôt que de choquer les spectateurs dans les salles, ils ont été réservés à ce DVD et c'est donc ici que nous pouvons découvrir la version intégrale de cette scène de torture. Voilà donc pour l'explication officielle. Maintenant à y regarder de plus près, non seulement les différences de montage sont vraiment infimes, mais si l'on observe bien quelques tâches passant rapidement à l'écran, l'état de ces plans supplémentaires demeurent tout à fait correct. L'initiative de nous présenter cette scène reste tout de même à saluer.

Il Maestro (7mns48)
Jon Burlingams, historien de musiques de films, nous présente ici l'histoire de la coopération entre Sergio Leone et Ennio Morricone, principalement autour du Bon, La Brute et le Truand, avant de se pencher plus en détail sur le style si particulier de Morricone, s'éloignant des compositions symphoniques tellement en vogue à l'époque.
Test écrit par Arnaud Mangin et Kevin Prin